Revenons un an
en arrière afin de nous resituer… En 1988-89, la saison est catastrophique.
Les Sang et Or, qui ont depuis le début de l'exercice un nouveau président
- nommé Gervais Martel - effectuent le plus mauvais parcours à domicile
de toute la D1 avec neuf défaites à Bollaert. Quant aux 32 buts inscrits
durant l'exercice, ils pèsent peu au regard des 77 encaissés ! Les
hommes de Jean Parisseau, qui a remplacé après quatorze rencontres
de championnat Arnold Sowinski - qui devient entraîneur-adjoint -
terminent le championnat en vingtième et dernière position, à dix-huit
points de Laval - dix-neuvième - et à cinquante-six points du champion
marseillais ! Lens retrouve une nouvelle fois la D2. Jean Parisseau
est limogé, et Gervais Martel fait appel à Philippe Redon.
Malgré le recrutement de Roger Boli (ndlr : en provenance
du LOSC, et qui finira meilleur buteur de l'équipe avec 16 réalisations)
et des Roumains Stoïca et Piturca, Lens réalise une saison 1989-1990
dans l'indifférence en terminant huitième de D2 (groupe B) avec treize
victoires contre autant de défaites. Après 13 matchs, Philippe Redon
est à son tour remercié de ses fonctions, et c'est Marcel Husson qui
le remplace. Mais avant la fin de l'année 1990, l'équipe se traînant
au fond du classement, Arnaud Dos Santos prend le coaching en main.
Comme par miracle, les Sang et Or enchaînent quinze matchs sans défaites
et finissent l'exercice 1990-1991 en deuxième place, synonyme de barrages,
derrière Le Havre. Face à Valenciennes et Strasbourg, les Lensois
ne connaissent guère de difficultés. Cependant, face à Toulouse (qui
vient de D1), le dernier tour tourne au cauchemar et c'est grâce aux
situations économiques de Bordeaux et Brest, administrativement relégués,
que le Racing remonte en D1. |
|
De la Trannin... à
la Delacourt ... en passant par ce qui s'appelaient alors
"Secondes" et "Panoramiques"
|
Les retrouvailles
avec l'élite coïncident également avec un record à Bollaert. Le 15
février 1992, 48912 supporters se massent dans les tribunes du stade
pour la réception du grand Marseille, défait pour l'occasion (2-1),
réalisant au passage le record d'affluence du club dans le stade artésien.
Avec 11 victoires, 17 nuls et 10 défaites, les Sang et Or finissent
huitièmes, Patrice Bergues ayant entre-temps remplacé Arnaud Dos Santos
au coaching après dix-sept matchs de championnat. Le nouvel entraîneur
lensois ne fait pas mieux que son prédécesseur : le Racing finit neuvième.
En Coupe de France, c'est le Téfécé à domicile qui fait chuter Lens
en huitièmes de finale (5-0) après que les Artésiens aient éliminé
Savigny-sur-Orne et Gueugnon.
Après la huitième et la neuvième place, c'est la
dixième place que les hommes de Patrice Bergues "décrochent" au terme
de la saison 1993-1994 lors de laquelle Roger Boli finit meilleur
buteur du championnat avec vingt réalisations. Parallèlement au championnat,
les Artésiens réalisent un beau parcours en Coupe de France : tombeurs
de Trélazé en trente-deuxièmes (0-5), du SC Bastia en seizièmes (3-0),
de Charleville en huitièmes (3-1) et du Paris-Saint-Germain en quarts
(1-2), c'est finalement Montpellier qui vient éliminer Lens à Bollaert
en demi-finales (0-2). Malgré ces résultats décevants, les Sang et
Or progressent dans le jeu et dans la mentalité.
La saison 1994-1995 reflète cette évolution : avec
15 victoires, 14 nuls et 9 défaites, les Lensois finissent cinquièmes
de Division 1, place synonyme de qualification pour l'UEFA version
1995-1996. En championnat, cette nouvelle saison est identique à la
précédente : le RCL - avec la sixième attaque et la troisième défense
de D1 - finit cinquième derrière Auxerre, Paris, Monaco et Metz. En
Coupe UEFA, le bilan est assez positif également : après avoir très
facilement éliminé en trente-deuxièmes de finale le petit club luxembourgeois
de l'Avenir de Beggen (6-0 ; 0-7 !), les Lensois tombent Odessa (0-0
; 4-0). En huitièmes, les Nordistes espèrent affronter le Milan AC,
le FC Barcelone ou encore le Bayern de Munich. Ce sera finalement
le Slavia de Prague. Faute d'adversaire prestigieux, les Lensois espèrent
d'autant plus en la qualification pour les quarts de finale de la
Coupe UEFA. Hélas, bien que Guillaume Warmuz ait préservé ses filets
inviolés au match aller en République Tchèque, la malédiction du 7
décembre va encore frapper…
Après avoir été éliminés le 7 décembre 1977 par
Magdebourg puis le 7 décembre 1983 par Anderlecht à ce stade de la
compétition, c'est par un temps glacial, devant 35000 Lensois et grâce
à un unique but de Poborsky après cinq minutes de prolongations qu'à
son tour, le Slavia de Prague élimine le Racing Club de Lens en huitièmes
de finale deCoupe UEFA
A l'aube de la saison 1996-1997, Slavo Muslin remplace
Patrice Bergues au poste d'entraîneur. Malgré les grosses capacités
de l'équipe - renforcée par l'arrivée de Vladimir Smicer en attaque
la saison tourne au vinaigre : dès le mois de décembre, Muslin et
le public lensois "divorcent". Gervais Martel maintient sa confiance
autant qu'il peut au coach artésien mais en mars 1997, il fait appel
à Roger Lemerre qui joue les pompiers de service. En championnat,
il faut se contenter - avec 12 victoires, 9 matchs nuls et 17 défaites
- d'une décevante treizième place. Le parcours européen s'arrête dès
le premier tour face à la Lazio de Rome (0-1 ; 1-1). En seizièmes
de finale de Coupe de France, Auxerre élimine les Lensois - tombeurs
de Bourges au tour précédent (0-3) - aux tirs au but (5-4). En Coupe
de la Ligue, l'aventure s'arrête en quarts de finale : après avoir
éliminé Niort (0-2) et Toulon (0-1), le Racing est battu à Bollaert
(0-1) par les Monégasques. |
|