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1989 - 2004 : FABULEUX RACING !

   En presque cent ans d'existence, le Racing a logiquement connu des évolutions dans ses couleurs, ses maillots. Petit rappel, en images, sur la période 1906-1937...


  Revenons un an en arrière afin de nous resituer… En 1988-89, la saison est catastrophique. Les Sang et Or, qui ont depuis le début de l'exercice un nouveau président - nommé Gervais Martel - effectuent le plus mauvais parcours à domicile de toute la D1 avec neuf défaites à Bollaert. Quant aux 32 buts inscrits durant l'exercice, ils pèsent peu au regard des 77 encaissés ! Les hommes de Jean Parisseau, qui a remplacé après quatorze rencontres de championnat Arnold Sowinski - qui devient entraîneur-adjoint - terminent le championnat en vingtième et dernière position, à dix-huit points de Laval - dix-neuvième - et à cinquante-six points du champion marseillais ! Lens retrouve une nouvelle fois la D2. Jean Parisseau est limogé, et Gervais Martel fait appel à Philippe Redon.
   Malgré le recrutement de Roger Boli (ndlr : en provenance du LOSC, et qui finira meilleur buteur de l'équipe avec 16 réalisations) et des Roumains Stoïca et Piturca, Lens réalise une saison 1989-1990 dans l'indifférence en terminant huitième de D2 (groupe B) avec treize victoires contre autant de défaites. Après 13 matchs, Philippe Redon est à son tour remercié de ses fonctions, et c'est Marcel Husson qui le remplace. Mais avant la fin de l'année 1990, l'équipe se traînant au fond du classement, Arnaud Dos Santos prend le coaching en main. Comme par miracle, les Sang et Or enchaînent quinze matchs sans défaites et finissent l'exercice 1990-1991 en deuxième place, synonyme de barrages, derrière Le Havre. Face à Valenciennes et Strasbourg, les Lensois ne connaissent guère de difficultés. Cependant, face à Toulouse (qui vient de D1), le dernier tour tourne au cauchemar et c'est grâce aux situations économiques de Bordeaux et Brest, administrativement relégués, que le Racing remonte en D1.

De la Trannin...  à la Delacourt  ... en passant par ce qui s'appelaient alors "Secondes" et "Panoramiques"

   Les retrouvailles avec l'élite coïncident également avec un record à Bollaert. Le 15 février 1992, 48912 supporters se massent dans les tribunes du stade pour la réception du grand Marseille, défait pour l'occasion (2-1), réalisant au passage le record d'affluence du club dans le stade artésien. Avec 11 victoires, 17 nuls et 10 défaites, les Sang et Or finissent huitièmes, Patrice Bergues ayant entre-temps remplacé Arnaud Dos Santos au coaching après dix-sept matchs de championnat. Le nouvel entraîneur lensois ne fait pas mieux que son prédécesseur : le Racing finit neuvième. En Coupe de France, c'est le Téfécé à domicile qui fait chuter Lens en huitièmes de finale (5-0) après que les Artésiens aient éliminé Savigny-sur-Orne et Gueugnon.
   Après la huitième et la neuvième place, c'est la dixième place que les hommes de Patrice Bergues "décrochent" au terme de la saison 1993-1994 lors de laquelle Roger Boli finit meilleur buteur du championnat avec vingt réalisations. Parallèlement au championnat, les Artésiens réalisent un beau parcours en Coupe de France : tombeurs de Trélazé en trente-deuxièmes (0-5), du SC Bastia en seizièmes (3-0), de Charleville en huitièmes (3-1) et du Paris-Saint-Germain en quarts (1-2), c'est finalement Montpellier qui vient éliminer Lens à Bollaert en demi-finales (0-2). Malgré ces résultats décevants, les Sang et Or progressent dans le jeu et dans la mentalité.
   La saison 1994-1995 reflète cette évolution : avec 15 victoires, 14 nuls et 9 défaites, les Lensois finissent cinquièmes de Division 1, place synonyme de qualification pour l'UEFA version 1995-1996. En championnat, cette nouvelle saison est identique à la précédente : le RCL - avec la sixième attaque et la troisième défense de D1 - finit cinquième derrière Auxerre, Paris, Monaco et Metz. En Coupe UEFA, le bilan est assez positif également : après avoir très facilement éliminé en trente-deuxièmes de finale le petit club luxembourgeois de l'Avenir de Beggen (6-0 ; 0-7 !), les Lensois tombent Odessa (0-0 ; 4-0). En huitièmes, les Nordistes espèrent affronter le Milan AC, le FC Barcelone ou encore le Bayern de Munich. Ce sera finalement le Slavia de Prague. Faute d'adversaire prestigieux, les Lensois espèrent d'autant plus en la qualification pour les quarts de finale de la Coupe UEFA. Hélas, bien que Guillaume Warmuz ait préservé ses filets inviolés au match aller en République Tchèque, la malédiction du 7 décembre va encore frapper…
    Après avoir été éliminés le 7 décembre 1977 par Magdebourg puis le 7 décembre 1983 par Anderlecht à ce stade de la compétition, c'est par un temps glacial, devant 35000 Lensois et grâce à un unique but de Poborsky après cinq minutes de prolongations qu'à son tour, le Slavia de Prague élimine le Racing Club de Lens en huitièmes de finale deCoupe UEFA
    A l'aube de la saison 1996-1997, Slavo Muslin remplace Patrice Bergues au poste d'entraîneur. Malgré les grosses capacités de l'équipe - renforcée par l'arrivée de Vladimir Smicer en attaque la saison tourne au vinaigre : dès le mois de décembre, Muslin et le public lensois "divorcent". Gervais Martel maintient sa confiance autant qu'il peut au coach artésien mais en mars 1997, il fait appel à Roger Lemerre qui joue les pompiers de service. En championnat, il faut se contenter - avec 12 victoires, 9 matchs nuls et 17 défaites - d'une décevante treizième place. Le parcours européen s'arrête dès le premier tour face à la Lazio de Rome (0-1 ; 1-1). En seizièmes de finale de Coupe de France, Auxerre élimine les Lensois - tombeurs de Bourges au tour précédent (0-3) - aux tirs au but (5-4). En Coupe de la Ligue, l'aventure s'arrête en quarts de finale : après avoir éliminé Niort (0-2) et Toulon (0-1), le Racing est battu à Bollaert (0-1) par les Monégasques.

   Malgré cette saison décevante, Gervais Martel sait qu'il dispose d'un gros potentiel. Le Président lensois recrute la star du Montenegro évoluant à Bastia, Anto Drobjnak, et le meneur de jeu bordelais Stéphane Ziani. Il nomme par ailleurs Daniel Leclercq - l'adjoint de Roger Lemerre, l'année précédente - au coaching. L'expérience, le sérieux, le calme et la modestie du "Druide" mènent le RC Lens au paradis : parallèlement à une finale de Coupe de France perdue face au Paris-Saint-Germain, et avec 21 victoires, 4 nuls et 8 défaites, Yoann Lachor égalise à Auxerre le 9 mai 1998 à la 53ème minute de jeu et donne un cinquième match nul au compteur. Au classement, Metz et Lens sont à égalité avec 68 points mais Lens, avec une différence de buts de +25 contre +20 pour Metz, est bel et bien Champion de France de Division 1 pour la première fois de son histoire !
    Champions de France en titre, les Lensois - qui ont perdu Wallemme (Coventry), Ziani (La Corogne) et Drobjnak (Osaka), et sont renforcés par les arrivées de Nouma, Moreira, Rool, Nyarko et Dalmat - réalisent une saison 1998-1999 très correcte : en championnat, ils finissent sixièmes avec 14 victoires, 7 nuls et 13 défaites. Pour leur première participation à la Ligue des Champions, les hommes de Daniel Leclercq - malgré les victoires face au Panathinaïkos (1-0) et à Arsenal (0-1) - ne passent pas le premier tour de la compétition. En Coupe de France, après avoir éliminé Armentières (2-2 ; a.p 2-5) et Marseille (3-1), c'est finalement Laval qui surprend les Lensois à Bollaert en huitièmes de finale (1-1 ; t.a.b 2-4).
   Toutefois, le Racing réalise un parcours parfait en Coupe de la Ligue : Marseille d'abord (1-2 ; t.a.b 5-6), Le Havre ensuite (0-2), Rennes (0-1) et Sochaux (0-0 ; a.p 2-0) donnent à Lens la joie de disputer la finale de la compétition au Stade de France ! Face au FC Metz et devant 78180 spectateurs, Daniel Moreira inscrit l'unique but de la rencontre à la 56ème minute et offre aux Sang et Or leur première Coupe de la Ligue ! Au plus fort de l'ivresse, Guillaume Warmuz glisse à Gervais Martel : "Regarde Gervais, regarde jusqu'où nous avons réussi à hisser le club, regarde ce que nous avons fait du RC Lens !". En deux ans, Lens décroche son premier titre de Champion de France et sa première Coupe de la Ligue, nouvelle version, mais le parcours ne s'arrête pas là.
Champion de France 1998
Vainqueur Coupe de la Ligue 1999
La joie du Président et de tout un club
un soir de mai au Stade de France
   Remportant la Coupe de la Ligue, le Racing est donc qualifié pour la Coupe UEFA. Frédéric Déhu "quitte Lens la tête haute et en ayant tout donné", tout comme Vladimir Smicer, Tony Vairelles, Stéphane Dalmat, Wagneau Eloi, Cyrille Magnier ou Ernest Etchi. Mais Gervais Martel recrute Olivier Dacourt pour le transfert record du club pour une arrivée (ndlr : 6M €), Jocelyn Blanchard, Charles-Edouard Coridon, Lamine Sakho ou encore Joseph-Désiré Job.

La nuit sera longue et belle à Bollaert.
30000 supporters viennent fêter les héros. Nuit magique...

La fête d'après titre
dans les rues de Lens

   Malgré tous ces changements, Lens termine cinquième de D1 tout en ayant changé d'entraîneur à l'automne 1999, François Brisson remplaçant Daniel Leclercq après un début de saison peu réjouissant. En Coupes nationales, Toulouse (3-2) et Besançon (2-1) font chuter le Racing dès les premiers tours. En revanche, le parcours en Coupe de l'UEFA est fabuleux. Au premier tour, Lens passe difficilement face aux surprenants Israéliens du Maccabi Tel-Aviv (2-2 ; 2-1) avant de faire tomber les Hollandais du Vitesse Arnehm en trente-deuxièmes de finale (4-1 ; 1-1). En seizièmes, malgré la victoire au match aller à Bollaert de Kaiserslautern, le RCL se rattrape en Allemagne au match retour (1-4). En huitièmes, Lens élimine sur sa lancée l'Atletico Madrid (2-2 ; 4-2) puis le Celta Vigo en quarts (0-0 ; 2-1). Malheureusement, en demi-finale, Henry, Vieira, Petit, Seaman, Bergkamp, Kanu et autres Parlour ou Overmars du prestigieux club londonien d'Arsenal éliminent logiquement les Lensois en deux victoires (1-0 ; 1-2). Le Racing Club de Lens aura cependant inscrit son nom dans la liste des clubs français ayant réalisé un parcours remarquable dans cette Coupe d'Europe et fait chavirer de bonheur plus d'un supporter Sang et Or…!

   La cinquième place acquise au terme de la saison 1999-2000 offre la possibilité au Racing de disputer la Coupe de l'UEFA par le biais de l'Intertoto. Malheureusement, Stuttgart élimine les Artésiens (2-1 ; 1-0) dès leur entrée dans la compétition (ndlr : au troisième tour). Hélas, malgré les recrues d'El-Hadji Diouf, Esteban Fuertes, Antoine Sibierski ou encore Franck Dumas et Radek Bejbl, tandis que Olivier Dacourt, Alex Nyarko, Pascal Nouma ou encore Valérien Ismaël ont fait leurs bagages, les Sang et Or vont réaliser l'une de leurs plus mauvaises saisons de cette décennie.
   Jamais le très charismatique Rolland Courbis n'imposera son style de coaching en Artois à une équipe pourtant prometteuse. Troyes éliminera les Lensois en 32èmes de finale de Coupe de France (2-2 ; t.a.b 3-5) tandis que Lyon fera de même en 8èmes de Coupe de la Ligue (1-3). Au milieu d'une série de dix matchs sans victoire, au début du mois de février 2001, l'entraîneur provençal sera remplacé par son adjoint, Georges Tournay qui sauvera la mise. Avec 9 victoires, 13 nuls et 12 défaites, Lens finira 14ème à égalité avec l'OM à trois points du premier relégable, Toulouse. Une saison à effacer au plus vite.

Gervais Martel, Président du Racing Club de Lens
Joël Muller, entraîneur du
Racing Club de Lens de 2001 à 2005

   Pour cela, Gervais Martel décide d'engager un nouvel entraîneur. Il fait signer Joël Muller, limogé à Metz au début de l 'année 2001. Du côté de l'équipe, beaucoup de changements ont lieu également : Philippe Brunel, Franck Dumas, José Pierre-Fanfan, Franck Queudrue, Radek Bejbl, Esteban Fuertes, Cyril Rool quittent le club. Jacek Bak, Adama Coulibaly, Djimi Traoré, Jean-Guy Wallemme, Stéphane Pédron et Pape Sarr, entre autres, sont chargés de combler les nombreux départs. D'entrée, les Sang et Or enchaînent sept matchs sans défaite avant de chuter à Monaco (3-0) et de refaire une série de huit matchs sans défaite qui se terminera sur un carton face à Bastia à Bollaert (7-0) ! Ils enchaînent ensuite dix matchs sans défaite avant de terminer la saison plus difficilement, Lyon passant devant le Racing lors de la dernière journée… à Gerland ! En Coupes nationales, Lens se fait très rapidement éliminer, mais peu importe : que la saison fût belle !
Comme ici, avec Daniel Moreira en demi-finale de Coupe UEFA face à Arsenal, le Racing prend pied sur le continent européen du ballon rond.

   Grâce à son titre de vice-Champion de France, le Racing est qualifié pour la Champions' League version 2002/2003 : lors du premier tour, les Sang et Or s'offrent le luxe de battre le Milan AC et le Deportivo La Corogne à Bollaert mais cela ne suffit pas pour se qualifier pour le second tour. Avec une troisième place de son groupe, Lens est cependant repêché pour les seizièmes de finale de la Coupe de l'UEFA. Le match aller tourne malheureusement au ridicule : Guillaume Warmuz fait l'une des plus mauvaises prestations de sa carrière (ndlr : il prendra par la suite la décision de quitter le club) et Lens perd 3-0, la victoire 1-0 au match retour ne suffisant pas à inverser la tendance. Lens sort par la petite porte de la Coupe d'Europe. En Coupe de la Ligue, Beauvais élimine le Racing dès les seizièmes de finale (3-3 ; t.a.b 3-1) tandis que Toulouse s'en charge en seizièmes de Coupe de France (1-0). Enfin, en championnat, avec 14 victoires, 15 nuls et 9 défaites, les hommes de Joël Muller terminent à une bien décevante huitième place...
    Quant à la saison 2003-2004 : rapidement éliminés en Coupe de France, privés de demi-finale de Coupe de la Ligue par Sochaux, sortis par la plus petite des portes dès le deuxième tour de Coupe de l'UEFA par les modestes Turcs du Gaziantepspor, trop irréguliers en championnat pour espérer quoique ce soit, les Lensois terminent leur saison sur une nouvelle décevante huitième place avec 15 victoires et 15 défaites pour huit nuls…
Sources issues du site officiel du RCL