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1949-1969 : DU RETOUR EN D1 A L'ABANDON
DU PROFESSIONNALISME

   La Deuxième Guerre Mondiale terminée, nous voici plongés pour ce volet dans les années cinquante et soixante, pour vingt ans d'Histoire au cours lesquels le Racing aura connu une belle progression mais aussi une certaine déchéance qui mènera le club à l'abandon du professionnalisme durant près de cinq ans…

Année 1959-1960 : remise fanions
aux supporters du Racing
   Au début de la saison 1949, le RC Lens, présidé depuis 1934 par Louis Brossard et entraîné depuis 1947 par Nicolas Hibst, vient de remporter le titre Champion de Deuxième Division au détriment des Girondins de Bordeaux et retrouve donc l'élite du Football français… Pour ce retour en Première Divison, le club vise le maintien. Celui-ci est - non sans mal - atteint puisque les Artésiens finissent quinzièmes (1949-1950) puis seizièmes l'année suivante (1950-1951).
Les dirigeants du Racing veulent apporter de l'expérience à l'équipe, à l'image des arrivées de Thép, Sowinski ou encore des Brésiliens Severo et Martins. Ces deux derniers deviennent les moteurs de l'équipe. En 1952-1953, saison au terme de laquelle Tony Marek reprend le coaching en main, poste qu'il avait quitté en 1945, Lens prend la septième place. Une performance rééditée en 1953-1954. La saison suivante, Lens termine troisième derrière Reims - alors dominateur et au summum - et Toulouse, deuxième.

   
1955-1956, la progression, constante, se poursuit : les hommes de Marek deviennent vice-Champions de France, à un tout petit point de Nice, une sévère défaite lors de la dernière journée face à Sedan empêchant l'accession au sacré Graal. Tony Marek, mis en cause, est remercié et part à Monaco. Félix Witowski puis, rapidement, Karel Michlowski se chargent de l'encadrement. En 1956-1957, l'histoire se répète : Lens subit deux défaites face à Valenciennes et Nice lors des deux dernières journées et perd le titre sur le fil au profit de Saint-Etienne. Vital Lerat remplace Louis Brossard, Président du club depuis 1934 ! Les deux moteurs de l'attaque lensoise que sont Xercès Louis et le Suédois Egon Jonsson partent respectivement pour Bordeaux et Nancy. Ces deux départs ne sont pas comblés : le club finit en onzième puis en seizième position du Championnat en 1957-1958 et 1958-1959.

   A l'intersaison 1959, Lens trouve une perle rare : il s'agit du jeune Algérien Ahmed "Chérif" Oudjani. Précis, athlétique, puissant, l'attaquant lensois permet au club de remporter la Coupe Drago face à Valenciennes au début du mois de juin 1960 et de finir au même moment cinquième de Première Division. Malheureusement, il doit repartir au pays pour participer à la Guerre d'Algérie pendant trois longues années. Son absence pénalise le Racing : les hommes d'Albert Hus, Président depuis un an, et de Jules Bigot, entraîneur depuis l'arrivée de Hus, terminent dixièmes en 1960-1961 et septièmes la saison-suivante.
   Oudjani revient lors de la saison 1962-1963. Il sauve le Racing de justesse de la relégation avec ses dix-sept réalisations. Elie Fruchat remplace Jules Bigot au coaching. Ahmed Oudjani retrouve ses sensations : au terme de la saison 1963-1964, l'étoile algérienne est sacrée meilleur buteur du Championnat avec trente buts au compteur. Lens finit troisième de Première Division. C'est le début d'un déclin sur plusieurs années…
Ahmed Oudjani...
...regardant un portier adverse, sur fond de Secondes

Saison 1955
Saison 1957-1958

La Coupe Drago
   En effet, en 1964-1965, en dépit d'un nouveau succès en Coupe Drago (victoire finale sur Bordeaux, 4-0), leurs résultats des Sang et Or sont trop irréguliers. Les Nordistes terminent le Championnat à une timide huitième place, loin derrière ses objectifs de début de saison. La saison suivante, le club est frappé par une crise majeure, celle du déclin foudroyant de l'industrie minière : les Fosses de Lens ferment une à une et les sociétés minières se retirent de toute implication, notamment économique, dans le Football. Clément, Deloffre et surtout Oudjani quittent le club. Les Sang et Or prennent laborieusement la douzième place en 1966-1967, très loin derrière le Champion nantais.

   Au terme de la saison suivante, le Racing termine en dix-septième place et rate complètement ses barrages pour le maintien face à Reims et Nîmes. Le club retrouve la Deuxième Division quittée exactement vingt ans plus tôt. Financièrement limité, boudé par ses supporters, Lens termine la saison 1968-1969 dans l'indifférence la plus totale, septième de D2.Le 13 mai 1969, au terme de cet exercice complètement loupé, et face aux difficultés économiques trop importantes du club, le Président René Houdart annonce, après de longues réflexions avec les membres du Comité Directeur du club, l'abandon du professionnalisme. Lens retombe en Championnat de France Amateur (NDLR : qui correspond à la Troisième Division), compétition abandonnée du public... Le club se prépare à vivre quelques années loin de l'élite du Foot français, pour mieux y revenir : un épisode à suivre prochainement...
Sources issues du site officiel du RCL