|
1906-1937 :
LA NAISSANCE DU GRAND RACING
|
|
Voici
le début d'une saga. Celle de l'histoire du Racing Club de Lens.
De la naissance du club aux gloires les plus récentes. Premier acte,
avec les débuts du club, en 1906, jusqu'à son épanouissement et
l'accession à la Première Division, trente et un ans plus tard…
|
|
1901.
On les appelle les "Mordus". Ils sont jeunes, souvent étudiants,
et ont une passion commune, un sport jeune, débarqué d'outre-Manche
: le Football. Paris, Bordeaux, Le Havre ou - plus près de Lens
- Roubaix, Tourcoing, Arras et Béthune, ont déjà leur propre club
de Football. Les "Mordus", très vite rejoints par les jeunes mineurs,
les "Galibots", organisent des matchs de quartier, occupant ainsi
leurs dimanches après-midi.
|
|
Cinq ans plus tard, face à la montée de ce sport,
l'idée vient de fonder un club, regroupant les meilleurs éléments.
Son nom : le Racing Club de Lens, en hommage aux succès du Racing
Club de Paris. La tenue est bien différente de celle de nos jours
: maillot vert à rayures noires, short noir uniforme. Les jeunes
joueurs passent de longues heures derrière le kiosque à musique
de la Place Verte (NDLR : actuelle Place de la République), découvrant
ainsi au fur et à mesure les règles et les tactiques de ce sport.
|
|
|
|
La
Place Verte, premier terrain des Footballeurs lensois
|
|
|
Hector
Van Den Weghe, fondateur du RC Lens et premier Président, organise
les premiers matchs amicaux. A la mi-octobre 1907, les premiers
statuts sont déposés à la Préfecture. La Société des Mines, alors
dirigée par Edouard Bollaert - père de Félix Bollaert - met à disposition
du club un vaste terrain (NDLR : aujourd'hui occupé par la "Cité
des Fleurs"). En 1908, le Racing dispute ses premiers matchs officiels
: dans le championnat de la Ligue d'Artois se rencontrent Arras,
Béthune, Douai, Bully-les-Mines, Hénin-Liétard et Grenay. En 1910,
la tenue prend, faute de moyens, une couleur "noir uniforme", et
les trois lettres blanches "R.C.L" sont placées sur le maillot.
En 1912, la Société des Mines reprend le terrain pour construire
des logements miniers. Le Racing s'associe au club d'athlétisme
et déménage à La Glissoire, entre Lens et Avion. Au sortir de la
Première guerre mondiale, tout est en ruine : les constructions
ont été rasées, plus un pan de mur ne tient debout, tous les terrains
sont retournés...
Grâce au directeur du Comité de secours américain,
la pâture Tacquet, ancienne piste d'entraînement pour chevaux de
course située dans le marais, est déblayée, nivelée, et devient
le terrain d'entraînement d'une petite équipe qui, en contrepartie,
s'appelle Union sportive du foyer franco-américain (USFFA). Retrouvant
son identité en 1922, le Racing club de Lens reprend, par la même
occasion, son terrain officiel : le terrain de la Glissoire.
Deux ans plus tard, le club s'installe au Stade
Municipal Raoul Briquet (aujourd'hui Léo Lagrange). Dorénavant,
le terrain de la Glissoire n'est plus utilisé que pour l'entraînement
et les matchs amicaux.
En 1914, la guerre stoppe la montée en puissance
du Football. La ville de Lens est complètement dévastée, ruinée.
Tout est à reconstruire. Cinq des vingt joueurs du Racing ainsi
que le Président Van Den Weghe ne reviendront pas du front. Il faut
attendre l'été 1919 pour que le ballon rond reprenne petit à petit
ses droits en Artois. Ce n 'est d'ailleurs qu'en 1922 que la compétition
reprend en Ligue d'Artois.
|
|
La
plus ancienne des
photographies d'une équipe
lensoise : Saison 1907-1908.
|
 |
|
Le
Président fondateur Hector Van Den Weghe est debout, à gauche.
|
|
Le
Racing, arborant alors une tenue bleue et dirigé par Marcel Pierron,
joue dans un mini-Championnat à huit clubs : Le Stade Béthunois,
l'US Noeux, l'US Auchel, l'US Bruay, l'US Lillers, les Carabiniers
de Billy, le Stade Héninois et, donc, le Racing Club de Lens. Vers
la fin de l'année 1923, le RCL adopte ses couleurs définitives :
un soir de réunion de bureau, dirigeants et joueurs passant devant
les ruines de l'église Saint Léger, l'un d'eux fit remarquer que
ces tas de décombres étaient les derniers vestiges de l'occupation
espagnole (NDLR : du XVIIème siècle). Les couleurs de l'Espagne,
le rouge et le jaune, furent une lumière pour l'esprit du Président
de l'époque, Monsieur Moglia.
|
|
Les
maillots sang et or furent portés pour la première fois en 1924,
lors de l'ouverture du Stade Municipal (NDLR : l'actuel Stade Léo
Lagrange).
Ce stade dispose
de tribunes et de vestiaires. Face à la pugnacité du Président Moglia,
les élus locaux (NDLR : emmenés par Edouard Basly, maire, qui a
d'ailleurs donné son nom au célèbre boulevard du centre-ville) votent
à l'unanimité une subvention de huit-mille quatre-cent francs en
faveur du club. La saison suivante (1925-1926), Lens acquiert son
premier titre en remportant le Championnat d'Artois.
|
|
En 1928-1929, le RC Lens connaît ses premières
gloires en obtenant le titre de champion de promotion groupe B.
Ce titre leur donne l'accès à la Division d'Honneur et donc de jouer
avec Arras, Boulogne, Roubaix, Amiens, Lille, Tourcoing, Calais...
En novembre 1929, la Société des Mines de Lens (NDLR : dirigée par
Félix Bollaert) termine l'acquisition des terrains nécessaires à
la construction du futur Stade Félix Bollaert.
|
|
L'inauguration
du stade ...
|
 |
|
...
dans les années 1930
|
|
|
Edmond
Nowicki
|
|
|
|
premier
Lensois appelé en Equipe de France
|
|
Pour
leur première saison en Division d'Honneur, les hommes du nouveau
Président Renoult finissent neuvièmes (1930), avant de prendre une
huitième place (1931), une cinquième place (1932), une deuxième
place (1933) puis une septième (1934)... En 1931, la construction
du stade débute. Elle s'achèvera trois ans plus tard et l'enceinte
sera aussitôt mise à disposition du Racing.
A cette époque, l'Artois et plus généralement
le nord de la France vit "à l'heure polonaise". Des trains entiers
venus de Pologne après la guerre sont arrivés dans la région afin
d'aider à la réparation causés par les bombardements allemands.
Grâce à leur potentiel athlétique, ils permettent au football nordiste
d'acquérir une réelle puissance physique. Edmond Nowicki s'impose
à Lens. En 1936, il est le premier joueur lensois de l'histoire
à être sélectionné en Equipe de France. Il le sera à deux reprises
et inscrira un but.
|
|
Le
1er janvier 1934, coïncidant avec l'implication des Houillères de
Lens, le Conseil National accepte le professionnalisme du Racing
Club de Lens. En 1934, le RC Lens fait son entrée en Deuxième Division
et termine cinquième au classement. En 1937, sous les ordres de
l'entraîneur écossais John Galbraith, ancien joueur de Cardiff City,
le club atteint les huitièmes de finale de la Coupe de France. C'est
lors de la même saison que le Racing remporte le championnat de
D2, après une lutte rageuse avec à l'AS Saint-Etienne et l'US Valenciennes-Anzin.
Lens, porté par son trio d'attaquant Spechtl, Stanis et Nowicki
(NDLR : soixante-huit buts à eux trois), accède à l'élite du Football
français et se voit alors confronté aux gros calibres expérimentés
tels que Sochaux, Sète, Marseille ou encore le Racing Club de Paris.
C'est le véritable début d'une grande aventure : celle du Racing
Club de Lens.
|
|
Sources issues du site
officiel du RCL
|
|